
Dans une vidéo devenue virale sur le réseau sociaux depuis quelques jours, on y voit des gardes du corps du Général Jean-Claude Kifwa tabassés publiquement un avocat à Kamina. L’avocat exténué à bord d’une voiture 4×4 des forces armées de la République Démocratique du Congo s’y fait violemment débarquer; vite immobilisé il est mis au sol recevant plusieurs coups de fouet sur son dos presque dénudé. Pendant cette séance de bastonnade, l’avocat hors d’haleine criait : « mon Général, mon Général… Je suis votre fils… ».
Après la séance de chicotte, l’avocat inerte est de nouveau jeté à bord de la même jeep sous le regard impuissant des passants et quelques curieux qui filmaient la scène. La scène se passe sous les yeux du général Jean-Claude Kifwa lui-même qui a par la même occasion tiré un coup de feu en l’air à l’aide de son pistolet. Invraisemblable !
Cette scène a indigné plusieurs internaute qui ont demandé que justice soit faite.
La colère des avocats
Les avocats des différents barreaux de la République Démocratique du Congo ont déposé une plainte lundi 19 août 2024 à l’auditorat Général des FARDC contre le Général Jean-Claude Kifwa commandant du centre militaire de Kamina dans la province du Haut-Lomami, pour torture de l’un de leur confrère du nom de Faby Mushibi Kabwende. Ils dénoncent le traitement inhumain et déshonorant infligé à leur confrère. Pour ces avocats, cette démarche est un ballon d’essai envoyé à l’actuel ministre de la Justice et Garde des sceaux, Constant Mutamba qui dans sa perspicacité milite pour la fin de l’impunité et la restauration de l’image ternie de la justice congolaise. Ces avocats se sont rendus par la même occasion ce lundi auprès du Ministre de la Justice pour réclamer son appui pour que cet officier militaire puisse être jugé et qu’il réponde de ses actes.
« Tous les avocats sont déterminés, avec votre appui, afin qu’on puisse ramener le général Jean-Claude Kifwa pour qu’il soit jugé en urgence ici à Kinshasa », affirme le bâtonnier du barreau de Lomami, Maurice Kanyama, s’adressant au ministre Constant Mutamba.
« Votre intervention, et même injonction, est nécessaire pour voir ce monsieur, qui se croit au-dessus de la mêlée, (répondre de ses actes) » poursuivi-t-il.
Cette démarche vise à tester l’existence d’un véritable État de droit en République Démocratique du Congo. Au vu de ce qui est arrivé à leur confrère à Kamina est une motivation qui les pousse à soutenir inlassablement les réformes judiciaires qu’entreprend Constant Mutamba dans ce secteur.
AVUVUKU DIEUDONNE ISAAC